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Pourquoi les ados camerounais aiment tant le basketball après l’école

  • Photo du rédacteur: FRED
    FRED
  • 28 sept. 2025
  • 4 min de lecture

Le Cameroun, pays de football par excellence ? Oui… mais plus seulement. Depuis quelques années, un autre ballon rebondit dans les cours d’école, les parkings d’églises ou les rues de Douala : celui du basketball. Et ce sont les adolescents qui le portent à bout de bras.

Tous les soirs, après les cours, des dizaines de jeunes investissent les playgrounds urbains pour jouer, transpirer, rêver. Pourquoi un tel engouement pour la balle orange ? Qu’est-ce que ce sport leur apporte que d’autres ne donnent pas ? Décryptage d’un phénomène social, culturel et sportif.


Un sport accessible, stylé et valorisant

Pour commencer, le basketball séduit car il est simple à organiser : un ballon, deux cerceaux, et c’est parti. Pas besoin de crampons ni d’arbitre officiel. Les jeunes s’installent dans un coin de terrain et improvisent. Et contrairement au football de rue, ici, pas de conflit de position : tout le monde tire, court, défend.

Mais il y a plus. Le basket, c’est aussi une esthétique. Les gestes spectaculaires, les dunks improvisés, les crossovers stylés inspirés de la NBA. Les ados se filment, partagent leurs vidéos sur TikTok ou WhatsApp, et deviennent, parfois en découvrant des univers connexes comme site de paris sportif au Bénin, les stars de leur quartier. Certains suivent même les performances NBA en direct, comparent les statistiques ou débattent des cotes comme s’ils étaient analystes pro. Cela ajoute une couche stratégique et connectée à leur passion.



Les lieux où tout se passe : playgrounds et centres culturels

Douala, Yaoundé, Bafoussam : dans toutes les grandes villes, des terrains émergent. Parfois construits par des ONG, parfois aménagés avec des moyens de fortune, mais toujours investis avec la même intensité.

Le centre culturel camerouno-américain de Yaoundé a rénové un terrain en accès libre. À Douala, le terrain de New Bell attire chaque jour des dizaines de jeunes. Certains viennent juste s’entraîner, d’autres s’affrontent en pick-up games ultra-compétitifs.


Principaux playgrounds fréquentés par les ados :

  • New Bell (Douala) : réputé pour son niveau technique élevé

  • Cité Verte (Yaoundé) : terrain communautaire, ambiance détendue

  • Cœur d’Afrique (Bafoussam) : partenaire d’une académie locale

  • Zone PK 12 (Douala) : connu pour ses tournois de rue très disputés


Une influence directe de la culture américaine

Le basketball au Cameroun n’est pas qu’un sport : c’est un lifestyle. Les maillots de LeBron James, Stephen Curry ou Giannis s’arrachent dans les marchés. Les jeunes copient les pas de danse, les routines de shoot, l’attitude « clutch ».

YouTube, Instagram et les réseaux sociaux amplifient encore ce lien avec la culture US. Les ados regardent les highlights de la NBA, apprennent le vocabulaire du basket en anglais, et s’identifient à ces stars millionnaires parties de rien.


Ce que les ados retiennent de leurs idoles NBA :

  • L’idée que tout est possible avec du travail

  • L’importance de la discipline physique et mentale

  • Le style, la confiance, l’expression personnelle

  • La fierté de représenter sa communauté


Un espace d’émancipation, surtout pour les filles

Le basket est aussi un terrain d’égalité. De plus en plus de jeunes filles s’approprient le sport. Moins codifié que le foot, moins fermé aussi, il permet à toutes de s’exprimer. Des tournois mixtes se mettent en place dans les lycées. Des coachs locaux encouragent la pratique féminine.

À Yaoundé, le collectif « Bounce Girls » organise chaque semaine un entraînement gratuit réservé aux adolescentes. À Douala, un tournoi 100 % féminin a rassemblé huit équipes de jeunes issues des quartiers périphériques.



Une alternative au foot pour exister autrement

Tous ne rêvent pas d’être Eto’o. Certains rêvent d’être Joël Embiid. D’autres, simplement, veulent se démarquer. Le basket devient une voie originale, moins saturée, mais tout aussi valorisante. Il donne confiance, structure les journées, canalise les énergies.

Des éducateurs expliquent que des élèves autrefois décrocheurs ont retrouvé de la motivation en intégrant une équipe. Le basket les oblige à gérer leur emploi du temps, à respecter un cadre, à coopérer.


Un tremplin vers les académies et les bourses

Le boom du basket a aussi une dimension stratégique. Des académies comme NBA Academy Africa ou SEED Academy repèrent des jeunes camerounais. Certains partent en bourses aux États-Unis, d’autres poursuivent en Afrique dans des structures de haut niveau.

Les ados le savent. Marquer 30 points sur un playground, c’est bien. Mais s’inscrire dans une vraie dynamique de progression, c’est encore mieux.


Ce que cherchent les recruteurs aujourd’hui :

  • Une bonne condition physique

  • Des bases techniques solides

  • Une mentalité de progression

  • Une régularité dans l’effort


Une pratique encore fragile, mais en plein essor

Malgré tout, le basketball camerounais reste sous-structuré. Manque de terrains officiels, peu de coachs certifiés, presque aucun championnat jeune régulier. Mais les signaux sont positifs. Les municipalités commencent à réagir. Des sponsors locaux s’intéressent aux tournois urbains.

L’engouement est là. Il est authentique, spontané, porté par les jeunes eux-mêmes. Reste à l’accompagner intelligemment.


Des connexions entre sport, études et avenir

Le basket ne se limite plus à une activité physique. Dans plusieurs établissements scolaires, il est désormais intégré aux parcours éducatifs. Certains lycées de Douala et Yaoundé développent des programmes sport-études où les entraînements sont associés au suivi académique.

Des associations locales collaborent avec des professeurs pour valoriser l’engagement sportif : un élève sérieux sur le terrain est souvent plus concentré en classe. Cela change le regard porté sur les jeunes basketteurs, longtemps considérés comme distraits ou déscolarisés.

Cette logique attire aussi les parents, souvent sceptiques au départ. En voyant que leur enfant améliore ses notes grâce à un sport qui le passionne, ils soutiennent davantage son parcours. Le basket devient ainsi un outil d’équilibre entre ambition scolaire et développement personnel.

 
 
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